Le 5,5-Diphénylhydantoïne

 

    Nous allons ici nous intéresser à la synthèse d’une molécule présentant une activité thérapeutique particulière.

 

I.                 Présentation

 

1.    La molécule

 

 

Fig. 1: le 5,5-diphénylhydantoïne

 

    Selon la nomenclature IUPAC, il s’agit du 2-hydroxy-5,5-diphényl-1H-imidazol-4(5H)-one. Mais comme la nomenclature officielle est tout de même assez lourde, nous définirons cette molécule comme la 5,5-diphénylhydantoïne. Il s’agit donc d’un dérivé de l’hydantoïne (imidazolidine-2,4-dione) :

 

Fig. 2 : hydantoïne

  

    Plongeons directement dans la chimie en indiquant que cette molécule est en équilibre avec sa forme tautomère selon la réaction :

 

Fig. 3 : équilibre tautomérique

 

2.    Mode d’action

 

    Cette molécule est définie comme médicament du système nerveux central et est utilisée majoritairement en tant qu’anticonvulsivant.

 

    Cette action résulterait des deux phénomènes :

 

- baisse de la neurotransmission excitatrice : on diminue les messages nerveux d’excitation avec pour conséquence une relaxation du patient

- augmentation de l’effet inhibiteur du GABA (acide gama amino butyrique).

 

Fig. 4 : GABA

 

 En effet, le GABA peut se fixer sur certains récepteurs membranaires avec pour conséquence l’ouverture des canaux ioniques et avec entrée d’ions Cl- dans le milieu intracellulaire. Cette entrée d’ions chlorure a un effet, en autre, anticonvulsivant. En augmentant l’effet du GABA, la 5,5-diphénylhydantoïne permet de lutter contre les crises d’épilepsie.

 

    Nous pourrons noter d’autres action biologiques : accélération de la cicatrisation, effet anti-arythmisant au cours des intoxications digitaliques, névralgies faciales.

 

    Cette molécule est souvent présentée commercialement sous sa forme sodique injectable ou alors sous forme de comprimés.

 

 

3.    Schéma de synthèse

 

     Alors que d’un point de vue industrielle, on la synthèse plutôt par condensation de l’urée avec l’acide diphénylglycolique, nous ferons régir le benzile avec l’urée.

 

    Nous suivrons le schéma de synthèse suivant :

 

Fig. 5 : Schéma général de synthèse

 

II.             Synthèse de la benzoïne

 

1.    Matériels et produits nécessaires

 

 
  1. Ballon de 50 ml
  2. Condenseur à boules ou à chicanes
  3. Agitateur magnétique chauffant
  4. Barreau aimanté
  5. Balance (précision 0.01 g)
  6. Spatules
  7. Eprouvette de 10 ml
  8. Cristallisoir (ou autre récipient pour le bain eau/glace)
  9. Filtre en verre fritté
  10. Fiole à vide de 100 ml
  11. Joint en caoutchouc pour fiole à vide
  12. Vitamine B1 (Chlorhydrate de thiamine)
  13. Eau distillée
  14. Alcool éthylique à 95°
  15. Soude à 3 mol.L-1
  16. Benzaldéhyde fraîchement distillé
  17. Coupelle de pesée
 

 

    Note sur les réactifs :

 

    Le benzaldéhyde s’oxyde facilement à l’air en acide benzoïque que l’on retrouve sous forme de cristaux blanc sur le haut des vieilles bouteilles. Cet acide peut modifier le pH du milieu réactionnel et donc entraîner une baisse importante du rendement.

Il sera donc préférable d’utiliser une bouteille fraîchement ouverte ou bien de distiller le benzaldéhyde avant utilisation.

Le chlorhydrate de thiamine est sensible à la chaleur et en milieu alcalin. Il devra donc être stocké au réfrigérateur et on n’ajoutera au milieu réactionnel que la quantité précisée de soude.

 

2.    Mode opératoire

 

  1. Peser 1.1 g de vitamine B1, la placer dans un ballon rodé de 50 ml puis ajouter 2.5 ml d’eau.
  2. Placer le ballon dans un bain eau/glace puis ajouter 10 ml d’alcool éthylique à 95°. Attendre entre 5 et 10 minutes.
  3. Ajouter doucement et en remuant le ballon 2.2 ml de soude de concentration 3 mol.L-1. La solution prend une teinte jaune.
  4. Prélever 6 ml de benzaldéhyde et l’ajouter dans le ballon.
  5. Assembler le montage de reflux et chauffer à 60°C pendant 90 min. La température de devra pas dépasser 65°C.

5’   A ce niveau, il est également possible de laisser le mélange réactionnel à température ambiante durant 48 heures sous agitation.

Il faut noter que la vitesse de réaction double  environ tous les 10°C.

  1. Laisser refroidir la solution si elle a été chauffée.
  2. Placer le ballon dans un bain eau/glace à une dizaine de degrés pour faire précipiter la benzoïne.
  3. Filtrer la solution sous vide sur verre fritté pour récupérer les cristaux. Les rincer avec environ 25 ml d’eau glacé (en au moins deux portions)
  4. Faire une recristallisation dans l’alcool à 95°. Il faut compter environ 8 ml d’alcool par gramme de produit.
  5. Collecter les cristaux par filtration sous vide.
  6. Faire sécher les cristaux dans une étuve entre 50 et 60°C.
  7. Peser les cristaux secs.
  8. Prendre le point de fusion.

 

3.    Résultats et discussion

 

    La benzoïne se présente sous la forme de cristaux blancs, fondant à 137°C.

 

Fig. 6 : Cristaux de benzoïne

 

 

 

 

Fig. 7 : condensation benzoïne

 

    Comme nous pouvons le voir, l’intérêt de cette réaction résulte en la création d’une liaison entre deux carbones.

Cette réaction peut être réalisée sous l’action d’un catalyseur : l’ion cyanure CN- et nous étudierons tout d’abord cette réaction avant d’expliquer celle faisant intervenir la thiamine.

 

Cyanure VS Thiamine

 

a.                 Le cyanure

 

    Le cyanure possède trois fonctions intéressantes mises à profit dans cette réaction :

- c’est un nucléophile

-  il augmente l’acidité du proton placé en α

- c’est un groupe partant

 

    Le mécanisme réactionnel est le suivant :

 

Fig. 8 : condensation par le cyanure

 

 

    Cependant, si cette réaction a été très étudiée depuis plus d’un siècle, l’utilisation du cyanure présente un inconvénient non négligeable : sa toxicité. En effet, le cyanure de potassium est un poison particulièrement violent. Quand au cyanure d’hydrogène (HCN – gazeux), la mort peut survenir après une exposition de quelques minutes à une concentration de 300 ppm (parties par millions)…

En résumé, sauf si on ne peut faire autrement, on évitera de manipuler du cyanure.

 

    La vitamine B1 est donc une alternative simple, peu coûteuse et surtout sure, à l’utilisation du cyanure.

 

 

b.                 La vitamine B1

 

    On ne peut définir avec précisions le terme de vitamine du point de vue structural, tant les fonctions chimiques présentes peuvent être variées, que du point de vue de leur mode d’action.

On pourra en revanche considérer que ce sont des substances nécessaires à la vie et dont l’organisme ne peut en faire la synthèse. La source de ces vitamines est donc l’alimentation.

 

    On désigne par le terme vitamine du groupe B des vitamines hydrosoluble.

Telle par exemple la vitamine B1 aussi connue sous le nom de thiamine, aneurine ou encore vitamine antiberbérique.

Ainsi, cette vitamine fut découverte à la fin du XIXème siècle par un médecin hollandais Christiaan Eijkman. Il réussit à traiter une maladie très répandue en Extrême-Orient, le berbérie en donnant aux malades du son de riz décortiqué.
En 1912, Casimir Funk, reprenant les travaux de son prédécesseur, isola une substance de l’écorce du riz : la vitamine B1.

 

    D’un point de vue purement chimique, elle est formée par association d’un cycle pyrimidique (en bleu) et d’un cycle thiazolique (en rouge).

 

Fig. 9 : Vitamine B1

 

    La thiamine se retrouve dans la viande de porc, le foie des animaux, dans le lait et ses dérivés, dans le jaune d'œuf, dans l’enveloppe et l’embryon des grains de céréales et dans la levure de bière.

 

    Elle exerce un rôle important dans le métabolisme des glucides (assimilation des sucres) par l’action d’un des dérivé de la thiamine : son ester pyrophosphorique.

 

Fig. 10 : Ester pyrophosphorique de la thiamine

 

    En effet, l’organisme humain produit à partir des glucides de l’acide pyruvique qui doit être dégradé. C’est justement le rôle du pyrophosphate de thiamine selon la réaction :

 

Fig. 11 : action de la vitamine B1

 

Nous pouvons noter que dans l’organisme, l’acétaldéhyde n’est pas libéré par l’enzyme mais oxydé en acétylcoenzyme, nécessaire à d’autres réactions biochimiques.

 

    L’étude du mécanisme d’action in vivo de la thiamine à permis de mettre en évidence le départ d’un proton relativement acide du cycle thiazolique, ce qui mène à un carbocation (espèce nucléophile) pouvant attaquer un groupe carbonyle.

C’est pourquoi on peut dire que la thiamine est un analogue biochimique au cyanure.

 

    La thiamine exerce également un rôle dans la transmission de l’influx nerveux : elle contribue d’une part à la synthèse de l’acétylcholine et inhibe d’autre part la cholinestérase au niveau des synapses neuro-neuroniques et des terminaisons neuro-musculaires.

 

    Une carence en thiamine peu aboutir au béribéri et à des perturbations du système nerveux (polynévrites) plus ou moins graves.

 

    Les besoins quotidiens varient entre 1 et 2 mg suivant la personne. A noter que cette vitamine possède une faible toxicité puisque des prises allant jusqu’à 100 mg par voie buccale ont pu être prescrites.

 

 

c.                 Action de la vitamine B1 sur le benzaldéhyde

 

    Comme nous l’avons vu précédemment, le mode d’action de la thiamine sur le benzaldéhyde est proche du mode d’action physiologique : arrachement d’un proton acide puis réaction entre le carbocation formé et le groupe carbonyle.

 

Fig. 12 : condensation catalysée par la vitamine B1

 

    Le rendement de la manipulation catalysée par la vitamine B1 est couramment de l’ordre de 40 à 50 % après recristallisation.

 

 

d.                 Analyses

 

L’analyse peut se faire par la prise du point de fusion.

 

Le spectre infrarouge du produit nous renseigne surtout sur la présence d’une fonction alcool (3377 cm-1) et d’une cétone conjuguée (1678 cm-1).

 

Le spectre RMN est disponible ici.

 

Le spectre de masse est disponible ici.

 

 

4.    Produits utilisés

 

- Benzaldéhyde : C7H6O ; Nocif.

Risque :  R 22 : Nocif en cas d’ingestion.

Conseils de prudence  : S 24 : Eviter le contact avec la peau.

 

      - Benzoïne : C14H12O2 ; Irritant léger.

 

- Vitamine B1 : C12H17ClN4OS . HCl ; Aucun danger particulier.

 

- Soude : NaOH ; Corrosif

Risque :   R 35 : Provoque de graves brûlures.

Conseils de prudence : S 26 : En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste

                                      S 36/37/39 : Porter un vêtement de protection approprié, des gants et un appareil de protection des yeux/du visage.

                                      S 45 : En cas d’accident ou de malaise consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l’étiquette).      

 

- Ethanol : C2H5OH ; Facilement inflammable.

Risque :    R 11 : Facilement inflammable.

Conseils de prudence : S 7 : Conserver le récipient bien fermé.

                                      S 16 : Conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles. Ne pas fumer.

 

 

 

III.         Synthèse du benzyle

 

1.    Par l’acide nitrique.

 

a.                 Matériel et produits nécessaires

 

  1. Ballon bicol de 100 ml
  2. Réfrigérant
  3. Agitateur magnétique chauffant
  4. Bain d’huile
  5. Eprouvettes
  6. Flacon laveur
  7. Plaques CCM
  8. Capillaires
  9. Lampe UV
  10. Erlenmeyer de 250 ml
  11. Fiole à vide avec joints correspondants
  12. Filtre en verre fritté
  13. Erlenmeyer de 100 ml rodé
  14. Banc Koefler
  15. Acide nitrique concentré à 70%
  16. Acide acétique glacial
  17. Benzoïne
  18. Dichlorométhane
  19. Eau distillée
  20. Ethanol 95°
 

b.                 Mode opératoire

 

  1. On place dans le ballon bicol équipé d’un réfrigérant 2 g de benzoïne, 10 ml d’acide acétique glacial et 5 ml d’acide nitrique.
  2. On adapte en haut du réfrigérant un tube plongeant dans de l’eau glacé additionnée d’un peu de soude
  3. On chauffe au bain d’huile à une température de 85°C à 95°C en agitant seulement de façon occasionnelle.
  4. On plonge un capillaire dans le mélange réactionnel et on fait un spot sur une plaque de chromatographie que l’on développera au dichlorométhane. Cette plaque servira de référence.
  5. Après 15 à 20 minutes de chauffage, on réalise une nouvelle analyse par CCM. On verra apparaître une tache jaunâtre : le benzile.
  6. On continuera de réaliser des plaques CCM toutes les 20 minutes, jusqu’à ce que la position et l’intensité des taches après élution ne varie plus entre deux plaques successives. On pourra alors considérer l’oxydation comme complète.

Si on ne dispose pas de plaque CCM, on laissera la réaction se poursuivre durant 1 h 30 minutes. De plus, on pourra situer la fin de la réaction au moment où les vapeurs rouges n’apparaiteront plus.

  1. On verse le mélange réactionnel dans 150 ml d’eau glacée et on agite jusqu’à formation d’un précipité jaune.
  2. On filtre le solide que l’on rincera ensuite avec 3 portions de 5 ml d’eau glacée pour se débarrasser de l’acide. Noter la masse de cristaux bruts.
  3. On recristallise les cristaux dans l’éthanol à 95°. Il faut compter 5 à 7 ml d’alcool par gramme de produit. On laisse la solution refroidir lentement pendant une nuit.
  4. Les cristaux sont filtrés puis mis à l’étuve.
  5. Peser les cristaux et prendre leur point de fusion.

 

c.                 Produits utilisés

 

-         Acide nitrique concentré : HNO3 ; Corrosif

Risque : R 35 : Provoque de graves brûlures

Conseils de prudence : S 23.2 : Ne pas respirer les vapeurs

                                     S 26 : En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et adondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste

                                     S 36/37/39 : Porter un vêtement de protection approprié, des gants et un appareil de protection des yeux/ du visage.

                                     S 45 : En cas d’accident ou de malaise consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l’étiquette).

 

 

-         Acide acétique glacial : CH3CO2H ; Inflammable, corrosif

Risque : R 10 : Inflammable.

 Conseils de prudence : S 23 : Ne pas respirer les vapeurs.

                                     S 26 : En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et adondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste

                                     S 45 : En cas d’accident ou de malaise consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l’étiquette).

 

 

-         Benzoïne : C14H12O2 ; Irritant léger.

 

-         Benzyile : C14H10O2 ; Irritant

Risque : R 36/38 : Porter un appareil de protection approprié et un appareil de protection du visage.

 

-         Dichlorométhane : CH2Cl2 ; Nocif

Risque : R 40 : Effet cancérogène suspecté ; Preuves insuffisantes.

Conseils de prudence : S 23 : Ne pas respirer les vapeurs.

                                     S 24/25 : Eviter le contact avec la peau et les yeux

                                     S 36/37 : Porter un vêtement de protection et des gants appropriés.

 

-         Ethanol : C2H5OH ; Facilement inflammable

Risque :    R 11 : Facilement inflammable.

Conseils de prudence : S 7 : Conserver le récipient bien fermé.

                                     S 16 : Conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles. Ne pas fumer.

 

2.    Par l’acétate de cuivre.

 

    Une alternative à l’utilisation d’acide nitrique concentré (corrosif) est proposée. Il s’agit d’une oxydation par l’acétate de cuivre dans l’acide acétique glacial avec activation par micro-ondes.

 

 

a.                 Matériel et produits nécessaires

 

  1. Erlenmeyer de 100 ml
  2. Entonnoir en verre
  3. Filtre Buchner
  4. Fiole à vide et joints en caoutchouc
  5. Four micro-ondes puissance 1 kW.
  6. Benzoïne
  7. Acétate de cuivre
  8. Acide acétique glacial

9.   Ethanol 95°

 

 

b.                 Mode opératoire

 

  1. Introduire dans un erlenmeyer de 100 ml : 1 g de benzoïne, 2.1 g d’acétate de cuivre et 5 ml d’acide acétique glacial.
  2. Recouvrir d’un entonnoir et placer dans un four à micro-ondes.
  3. Chauffer 2 min 30 sec à une puissance de 1 kW.
  4. Ajouter 10 ml d’éthanol et réchauffer au micro-ondes à 1 kW en arrêtant le chauffage si l’ébullition est trop forte.
  5. Laisser refroidir.
  6. Ajouter 25 ml d’eau froide et filtrer sur Buchner.
  7. Laver les cristaux avec 3 fois 5 ml d’eau glacée.
  8. Une recristallisation dans l’éthanol à 95° est possible.
  9. Laisser sécher les cristaux à l’étuve.

 

 

c.                 Produits utilisés

 

- Acétate de cuivre : (CH3CO2)2Cu ; Nocif, irritant, dangereux pour l’environnement.

Risque : R 22 : Nocif en cas d’ingestion

               R 41 : Risque de lésions oculaires graves

               R 50/53 : Très toxique pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique.

Conseils de prudence : S 26 : En cas de contact avec les yeux, laver abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste.

                                     S 39 : Porter un appareil de protection des yeux / du visage

                                     S 61 : Eviter le rejet dans l’environnement. Consulter les instructions spéciales/la fiche de données de sécurité.

 

- Acide acétique glacial : CH3CO2H ; Inflammable, corrosif

Risque : R 10 : Inflammable.

 

Conseils de prudence : S 23 : Ne pas respirer les vapeurs.

                                     S 26 : En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et adondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste

                                     S 45 : En cas d’accident ou de malaise consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l’étiquette).

 

- Benzoïne : C14H12O2 ; Irritant léger.

 

- Benzyile : C14H10O2 ; Irritant

Risque : R 36/38 : Porter un appareil de protection approprié et un appareil de protection du visage.

 

- Ethanol : C2H5OH ; Facilement inflammable

Risque :    R 11 : Facilement inflammable.

Conseils de prudence : S 7 : Conserver le récipient bien fermé.

                               S 16 : Conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles. Ne pas fumer.

 

 

 

3.    Résultats et discussion.

 

Fig. 12 : Oxydation de la benzoïne en benzile

 

    Le benzile se présente sous la forme de cristaux jaune, fondant à 95°C.

 

Fig. 13 : Cristaux de benzile

 

    Lors de l’oxydation par l’acide nitrique, les rendements tournent autour de 95 %.

 

    Il s’agit ici d’une classique réaction d’oxydation d’un alcool en dérivé carbonylé correspondant (ici une cétone).

Elle peut être réalisée par divers oxydants : acide nitrique, trioxyde de chrome CrO3

 

    Dans le cas de l’oxydation à l’acide nitrique, le mécanisme suivant a été proposé :

 

Fig. 14

 

Suivie de la transformation de l’ion sortant en NO2 (g) :

 

Fig. 15

 

Ce mécanisme explique la formation de NO2 (g) lors de la réaction et l’arrêt de cette émission de gaz lorsque la réaction touche à sa fin.

 

    On peut lire dans de nombreux mode opératoire d’oxydation de la benzoïne par l’acide nitrique que l’agitation doit être continue.

Mais cela entraîne la formation d’un produit de qualité inférieure avec un rendement inférieur (de l’ordre de 75 %). Ceci est très probablement due au fait que le benzile est insoluble dans l’acide nitrique et se sépare au fur et à mesure de sa formation.

Sous agitation, le benzile formé est remis en contact intime avec l’acide nitrique qui pourra l’oxyder ou le nitrer, faisant chuter le rendement et la qualité du produit. 

 

    Lors de l’oxydation sous irradiation par micro-ondes, nous obtenons un rendement moyen de 85 % pour un temps de réaction de 2 minutes et demi, ce qui est un gain très appréciable par rapport à l’oxydation par l’acide nitrique.

 

La solution initialement bleue verdit par la formation de benzile jaune et d’oxyde de cuivre rouge brique CuO.

La réduction du cuivre pouvant même aller jusqu’à la formation de cuivre métallique.

 

    Analyses :

 

Le point de fusion renseigne sur la pureté du produit.

 

Le spectre infrarouge nous montre bien la disparition de la fonction alcool présente dans la benzoïne.

 

 

IV.         Synthèse du 5,5-diphénylhydantoïne

 

 

 

    Le produit que l’on cherche à synthétiser possède une action thérapeutique puissante (anticonvulsivante). Des gants devront être portés en permanence afin d’éviter tout contact avec le composé.

 

 

1.    Matériel et produits nécessaires

 

  1. Ballon rodé de 50 ml
  2. Réfrigérant
  3. Agitateur magnétique + barreau magnétique
  4. Eprouvette de 50 ml
  5. Eprouvette de 10 ml
  6. Filtre en verre frité
  7. Fiole à vide avec joints
  8. Erlenmeyer de 250 ml
  9. Cristallisoir
  10. Benzile
  11. Urée
  12. Ethanol à 95°
  13. Potasse à 9.4 mol.L-1
  14. Acide chlorhydrique 10 %
  15. Eau distillée
 

 

2.    Mode opératoire

 

  1. Placer 1 g de benzile et 0.48 g d’urée dans un ballon de 50 ml.
  2. Ajouter 25 ml d’éthanol à 95° et agiter jusqu’à dissolution complète.
  3. Ajouter 2.8 ml d’une solution d’hydroxyde de potassium à 9.4 mol.L-1.
  4. Chauffer au reflux pendant 2 heures puis laisser refroidir.
  5. Si le ballon contient un précipité, filtrer sous vide.
  6. Transférer le filtrat dans un erlenmeyer et ajouter 75 ml d’eau.
  7. Ajouter de l’acide chlorhydrique jusqu’à obtenir un pH = 4-5.

Le produit précipite.

  1. Refroidir dans un bain eau/glace pendant au moins 10 minutes.
  2. Filtrer sous vide.
  3. Recristalliser le solide dans l’éthanol à 95°.
  4. Filtrer les cristaux, les rincer avec quelques ml d’éthanol glacé.
  5. Sécher les cristaux à l’étuve.

 

 

3.    Résultats et discussion

 

Fig. 16 : Schéma de synthèse

 

Fig. 17 : Cristaux de 5,5-diphénylhydantoine

 

    Le 5,5 diphénylhydantoine se présente sous la forme de cristaux blancs, fondant entre 295 et 298°C.

 

    Le mécanisme d’action de l’urée sur le benzile en milieu basique est le suivant :

 

 

Fig.18

 

 

 

    Le précipité qui peut parfois se former lors de la réaction est le diphénylacétylène diuréide.

 

    Analyses :

 

Le spectre infrarouge nous montre la présence d’une fonction alcool associée (3206 cm-1).

 

Le spectre de masse est disponible ici.

 

Le spectre RMN est disponible ici.

  

 

4.    Produits utilisés

 

-         Benzyile : C14H10O2 ; Irritant

Risque : R 36/38 : Porter un appareil de protection approprié et un appareil de protection du visage.

 

-         Urée : CH4N2O

 

-         Potasse : KOH ; Corrosif

Risque : R 22

               R 35

Conseils de prudence : S 26 : En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste

                                     S 36/37/39 : Porter un vêtement de protection approprié, des gants et un appareil de protection des yeux/du visage

                                     S 45 : En cas d’accident ou de malaise consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l’étiquette)

 

-         Ethanol : C2H5OH ; Facilement inflammable

Risque :    R 11 : Facilement inflammable.

Conseils de prudence : S 7 : Conserver le récipient bien fermé.

                                     S 16 : Conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles. Ne pas fumer.

 

-         Acide chlorhydrique : HCl ; Corrosif

Risque : R 34

               R 37

Conseils de prudence : S 26 : En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste

                                     S 36/37/39 : Porter un vêtement de protection approprié, des gants et un appareil de protection des yeux/du visage

                                     S 45 : En cas d’accident ou de malaise consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l’étiquette)

 

 

V.             Bibliographie

 

- http://www.pharmacorama.com/Rubriques/Output/Acides_aminesa2.php

- http://www.biam2.org/www/Sub3226.html

- http://www.vitalor.com/Pages/vitamine_b1.html

- http://www.emdbiosciences.com/msds/French/5871French.pdf

- http://www.aist.go.jp/RIODB/SDBS/cgi-bin/direct_frame_top.cgi?lang=eng

- S. Kirkiacharain, Guide de chimie thérapeutique ; Ellipses (1996)

- Jie Jack Li, Name reactions ; Springer (2003)

- G. Valette, Précis de pharmacodynamie ; Masson & Cie (1969)

- S. Perrothon, TP de chimie organiques : Oxydation de la benzoïne en benzyle, Abbi.

- X. Bataille, E. Przedpelska, M. Ziminska, L’actualité chimique, N° 292, décembre 2005

- R. Adams, J.B. Conant, H.T. Clarke, O. Kamm, Organic syntheses – Vol I ; John Wiley &

Sons (1921)

- Index Merck, Produits chimiques et réactifs, 2002

 

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