Chromatographie sur phase solide réactive

 

L’immobilisation de réactifs sur un support est connue depuis quelques dizaines d’années et est désormais largement utilisée (synthèse de peptides sur support, chimie en flux continu…).

L’intérêt d’immobiliser un produit sur un support réside principalement dans la simplification du traitement : une simple filtration suivi d’un lavage permet de récupérer de façon pure soit le produit immobilisé sur le support (les impuretés passent dans le solvant de lavage), soit le produit dans le solvant de lavage (les impuretés ou le réactif reste sur le support).

 

L’équipe de Didier Villemin a proposé un nouveau type de support permettant de réaliser à la fois une réaction chimique et la purification : la chromatographie sur phase solide réactive.

Le principe est simple : les réactifs sont absorbés sur une phase stationnaire dans une colonne et une réaction chimique se déroule. Une fois celle-ci finie, il suffit de faire passer un solvant approprié à travers cette phase réactive pour entraîner le produit vers une seconde phase placée en dessous qui va assurer la séparation du produit attendu d’avec les différents produits secondaires.

 

 

Cette technique a été testée sur les réactions de Wittig et Horner-Wadsworth-Emmons qui permettent de former une oléfine à partir d’un aldéhyde et d’un ylure de phosphore.

 

 

La phase réactive est constituée de fluorure de potassium basique qui assure la déprotonation du phosphonate ou du phosphonium pour former l’ylure de phosphore réactif.

L’aldéhyde et le phosphonate sont absorbés sur le fluorure de potassium qui est soumis à une irradiation micro-ondes pendant 3 à 10 minutes. Une fois la réaction finie, un solvant (ou mélange de solvant en fonction des produits) est passé à travers la colonne. Les sous-produits phosphorés polaires (phosphate de potassium ou oxyde de triphénylphosphine) restent en tête de colonne et le produit de la réaction est récupéré pur après évaporation du solvant.

 

La réaction fonctionne bien sur les aldéhyde aromatiques (rendements compris en 60 et 85 %) mais un peu moins pour les aldéhydes aliphatiques (en moyenne 40 %).

 

 

Source : Dakdouki, S.C.; Villemin, D.; Bar, N. Eur. J. Org. Chem., 2009,

DOI : 10.1002/ejoc.200901032