Bouché mon nanotube ?

 

Si la fabrication de nanotubes de toutes sortes nécessite un savoir faire acquis par de nombreux laboratoires, l’utilisation de ces composés pour délivrer des principes actifs dans un organisme vivant reste encore un domaine où de nombreuses améliorations sont possibles.

En effet le caractère creux de ces nanotubes en fait un moyen de rêve pour encapsuler de petites molécules (des médicaments par exemple), les protégeant ainsi de toute agression extérieure, avant de les libérer sur leur lieu d’action.

Pour cela, il faut arriver à fermer les extrémités du tube de façon réversible. Diverses solutions existent déjà par fonctionnalisation chimique directe de l’extrémité libre du tube.

Une équipe coréenne a mis au point une alternative à cette fermeture chimique en proposant de déposer un film d’or à l’extrémité des nanotubes puis d’enfoncer ce film sous l’action mécanique de micro-billes en aluminium de façon à former un bouchon hermétique.

 

 

En pratique, les nanotubes sont préparés dans les pores d’une matrice d’aluminium puis on dépose un film d’or à la surface de ces nanotubes (le tube est encore ouvert). Il suffit alors d’agiter la matrice (contenant les tubes et le film d’or déposé) avec des billes d’aluminium pour que ces dernières écrasent le film d’or et le replient à l’intérieur des nanotubes. Il ne reste plus qu’à éliminer la matrice pour récupérer les nanotubes bouchés…

 

A et C) vues de dessus et de face des nanotubes avant et après (B et D) bouchage des tubes.

 

Pour étudier l’herméticité de leur bouchon, les chercheurs ont emprisonnés dans les nanotubes un colorant (de la fluorescéine) avant de mettre le bouchon. Ils ont ainsi pu montrer que leur méthode permet de boucher 85% des nanotubes présent sur la matrice. De plus le colorant reste bien enfermé à l’intérieur de son tube bouché comme l’ont montrés des tests menés sur une période de 6 semaines.

 

Fluorescéine emprisonnée dans les nanotubes

 

Il ne reste plus qu’à remplacer l’or par d’autres matériaux biodégradables permettant l’ouverture du nanotube en milieu physiologique.

 

 

Source : Yu, J.; Bai, X.; Suh J.; Lee, S.B.; Son, S.J. J. Am. Chem. Soc. 2009, 131, 15574