Le nano-dragster !

 

James Tour est connu pour ses nombreuses contributions à l’étude des nano-objets (fullerènes, nanotubes de carbone, nano-véhicules…).

Il nous livre ici la dernière création de son équipe : le nano-dragster !

 

 

James Tour étudie le mouvement de nano-véhicules depuis 2005, date de création de sa première nano-voiture. Celle-ci était composée d’un châssis supportant quatre roues de fullerènes. Les fullerènes permettaient une bonne visualisation de la voiture par microscopie à effet tunnel, une fois celle-ci déposée sur une surface d’or. En revanche, en raison de la très forte affinité des fullerènes pour la surface d’or, il fallait chauffer le système à 200°C pour observer un mouvement.

Des roues de carborane (molécule constituée d’atomes de bore et de carbone) furent par la suite employées. Celles-ci présentant une affinité plus faible pour les surfaces métalliques, il était normal de supposer que le mouvement pourrait avoir lieu à plus basse température. En revanche les roues de carborane se sont révélées difficilement visibles par microscopie.

Ce qui nous amène à la dernière création de ce prolifique groupe : le nano-dragster. Celui-ci est née de l’idée de mélanger les deux types de roues : fullerène à l’arrière et carborane à l’avant. De cette façon il devrait être possible de combiner les avantages des deux types de roues : fullerène pour la visibilité, carborane pour permettre un mouvement à plus basse température que pour uniquement des roues de fullerène.

 

 

La synthèse est classique et repose, comme c’était le cas pour la nano-voiture, sur une suite de couplage de Sonogashira permettant la construction du châssis.

 

Les premières études ont montré qu’il était possible de visualiser le dragster : les fullerènes remplissent leur rôle tandis que les carboranes sont peu visibles.

En revanche, pas d’information pour le moment sur le mouvement de cette voiture. En effet, le degré de liberté du châssis permet d’envisager que la voiture puisse exister selon différentes conformations spatiales. La C serait animée d’un mouvement de rotation sur elle-même tandis que la D (celle que l’on voudrait) serait animée du mouvement de translation attendu.

 

 

Nous attendons avec impatience les prochains résultats !

 

Source : Vives, G.; Kang, J.; Kelly K.F.; Tour, J.M. Org. Lett., 2009

DOI : 10.1021/ol/902312m