Une nouvelle synthèse d’éthers à partir d’organotrifluoroborates et d’acétals

 

Depuis la publication de Williamson sur la synthèse d’éthers par réaction entre un alcoolate et un halogénure d’alkyle, peu de travail a été effectué dans ce domaine,  le chimiste se contentant de la formation de cette liaison C-O.

Mais les récentes avancées dans le domaine de la formation de liaison C-C ainsi que les limitations de la réaction de Williamson ont poussé Andrew Mitchell et Jeffrey Bode à envisager une nouvelle voie d’accès aux éthers.

 

 

Celle-ci se base sur la réaction entre un acétal et un organotrifluoroborate de potassium sous l’action d’un acide de Lewis (BF3.OEt2).

 

 

La réaction est compatible avec différents fluoroborates, et acétals (encombrés ou non) et les produits attendus sont obtenus avec des rendements allant de moyens à bons.

 

 

Un mécanisme rendant compte de diverses études par RMN et par marquage isotopiques est proposé :

 

 

Le trifluoroborate II réagit avec l’acide de Lewis pour donner l’organodufluoroborane IV. Celui-ci va se lier sur l’oxygène le moins encombré de l’acétal I pour former une espèce zwittérionique V qui est en équilibre avec l’oxocarbénium VI et l’organodifluoroalkoxyborate nucléophile VII. Ce dernier peut alors réagir avec l’oxygène de VI pour donner VIII qui par élimination de BF2OMe donne le produit attendu.

 

Il s’agit donc d’une intéressante méthode pour former des éthers sans passer par la classique réaction de Williamson. Une méthode qui souffre cependant d’une possible limitation : la présence d’autre groupes acétals (souvent utilisés en tant que groupe protecteur en synthèse) est-elle compatible ?

 

 

Source : Mitchell, T.A.; Bode, J.W. J. Am. Chem. Soc., 2009, DOI : 10.1021/ja906514s